RETOUR


Cinq erreurs de français et d'orthographe à éviter dans vos mails

par webmaster le 19-06-2018

Cinq erreurs de français et d'orthographe à éviter dans vos mails

  • Par  Le figaro.fr  Langue française
  • Publié le 19/06/2018 à 07:00

ORTHOGRAPHE - Faut-il écrire «je serai ravi de vous rencontrer» ou «je serais ravi de vous rencontrer» ? «D’ici jeudi» ou «d'ici à jeudi» ? Les formules fautives pullulent dans nos messages électroniques. Le Figaro revient sur leur bon usage.

Elles sont comme le steak frites dans nos boîtes électroniques: inséparables. Les erreurs de formulations, les fautes d'orthographe, la mauvaise conjugaison... sont monnaie courante. Pas un jour ne passe sans que ces bévues peuplent en effet nos mails. Souvent inconscients, parfois rédigés au hasard, ces écarts de langue n'en restent pas moins évitables. Le Figaro vous propose de revenir sur cinq d'entre eux.

? Je serai(s) ravi de vous rencontrer  Simple, courtoise, en un mot: joviale, la formulation a le don de nous rendre sympathique en une fraction de seconde. Ou presque. Car attention! Il suffira en effet d'une lettre pour que votre interlocuteur puisse passer de la gaieté à la contrariété. Alors? Faut-il être directif et employer le futur «je serai» ou au contraire, préférer le conditionnel, c'est-à-dire «je serais»?

» LIRE AUSSI - «Cordialement», «Bien à vous»... quelle formule de politesse employer?

En matière de formule de politesse, la frontière entre la courtoisie et l'irrévérence est toujours très mince. Rappelons-nous ainsi que lorsque l'on écrit «je serais ravi de vous rencontrer», on invite notre interlocuteur à nous découvrir. On lui donne la possibilité de dire «oui» ou «non». Pas question donc de lui couper l'herbe sous le pied et de l'obliger à nous voir! On évitera ainsi toujours le futur, qui donnera un ton quelque peu irrévérencieux à notre propos, et on emploiera le conditionnel. Un mode qui exprime toujours l'idée d'«un souhait». Faites durer le désir!

? Comme convenu  Donner une continuité à un précédent mail sans passer pour un mufle est un exercice tout aussi compliqué. Évitons donc tout d'abord, les messages qui continueraient une discussion, sans commencer par un «Bonjour» ou du moins, le nom de notre destinataire. Passée cette étape, on se souviendra que la formule «comme convenu» répond à une construction très stricte. «Comme convenu» signifie «comme il est décidé», note Le Trésor de la langue française. Elle implique de fait un sujet neutre, au singulier. «Comme convenu» est donc toujours invariable. On écrira ainsi: «Comme convenu, nous déjeunerons avec votre N+1 ce midi», «C'est parfait. Comme convenu donc, vous viendrez demain», etc.

À noter que la formule «nous avons convenu de...» est à employer avec précaution. Le verbe «convenir» se construira avec l'auxiliaire «avoir» lorsqu'il signifiera «correspondre aux besoins, aux goûts, aux aptitudes de quelqu'un» . Exemple: «Cette situation m'a convenu.» Il se construira inversement avec l'auxiliaire «être» quand il aura pour signification «décider, arrêter d'un commun accord». Exemple: «Nous sommes convenus de nous revoir.»

» LIRE AUSSI - Seul un amoureux de l'orthographe obtiendra un 10/10 à ce test

? Première priorité, préparer à l'avance, puis ensuite, bref résumé

«Nous pourrions peut-être», «cette réunion dure longtemps»... La liste est longue et infinie. Et pour cause! Les pléonasmes se répandent chaque jour, à chaque heure, comme une traînée de poudre dans nos conversations. Quand ce ne sont pas les «je monte en haut», «réserver à l'avance», «au jour d'aujourd'hui» qui nous donnent le hoquet à l'oral, ce sont des formulations autrement tautologiques qui inondent nos fils de discussions.

Rappelons-nous pourtant qu'un résumé est par définition une présentation abrégée d'un texte, donc bref; qu'une «priorité», du latin Prior, «premier des deux» est par essence un élément à traiter en premier ; que le verbe «préparer», formé avec le préfixe prae-, «devant, en avant» induit de fait une antériorité et enfin, que l'adverbe «puis» est un synonyme de «ensuite».

On évitera de la même façon les non moins jolis et risibles «mais pourtant», «donc par conséquent» et «comme par exemple».

Dictée du Figaro: l’académicienne Dominique Bona, maître de l’orthographe

Elle est la huitième femme à entrer dans l'Académie française et a accepté de participer à la Dictée du Figaro. Quelle note a-t-elle obtenu ? Auriez-vous fait un sans-faute ?

? D'ici (à) vendredi

Par fluidité plus que par vœu de concision, la petite préposition «à» derrière la formule «d'ici» s'est peu à peu éclipsée de nos conversations. L'Office Québécois de la langue française nous rappelle pourtant que ce petit mot à son importance dans nos discussions. «D'ici à» s'emploie pour marquer «le point de départ, dans le temps ou dans l'espace, de quelque chose, ce point correspondant au lieu où l'on est ou au moment présent». Est-ce à dire que la formule «d'ici demain» est fausse?

Pas vraiment. «D'ici à demain» souligne seulement notre désir de faire preuve d'exhaustivité et de retenue. Les usages populaires ayant rendu facultatif la préposition, il ne sera donc nullement fautif de dire ou d'écrire «d'ici demain». On évitera toutefois de l'omettre dans une phrase comme: «J'ai marché d'ici à la boulangerie. Ce qui représente une sacrée trotte!» La préposition nous renseignant ici sur une distance parcourue d'un point A à un point B.

«La locution “d'ici là“, qui marque la période entre le moment présent et un moment futur mentionné antérieurement dans le texte et l'expression “d'ici peu“, dont la signification est prochainement», devront pour leur part toujours se passer de la préposition «à». Exemple: «Vous reviendrez mercredi prochain. D'ici là, portez vous bien.»

» LIRE AUSSI - Ces tics de langage adolescents à bannir

? Parmi, hormis, compte(-)rendu, congé, souci...

Pour conclure, rappelons-nous que certains mots endémiques dans nos mails répondent à une orthographe très précise. On évitera ainsi de mettre des «s» partout, tout le temps, aux mots qui font leur singulier sans la marque du pluriel. Exemple: «Un souci, des soucis», «un congé, des congés».

Concernant l'orthographe du mot «compte-rendu», on sera moins radicaux. En effet, si Le Larousse accepte le trait d'union, Le Petit Robert et Le Trésor de la langue française préfèrent eux, l'écriture «compte rendu». Quel que soit notre choix donc, on écrira au pluriel «comptes rendus» ou «comptes rendus».

«Parmi», attesté dès la fin du Xe siècle, est l'équivalent de la locution «par le milieu». Il est la contraction des prépositions «par» et «mi». Cette dernière syllabe étant l'abréviation du nom «milieu». Le mot «parmi» n'a donc nullement besoin d'un «s». La préposition «hormis» quant à elle, dérive de la locution «hors mis», à savoir «étant mis hors». On conservera donc un «s» à sa finale.

La rédaction vous conseille